Si l'on sait déjà que la surcharge pondérale est un facteur de risque de la grippe, il semblerait qu'en plus, les vaccins pour lutter contre seraient moins efficaces pour les personnes en surpoids ou obèses.

Si l’on sait déjà que la surcharge pondérale est un facteur de risque de la grippe, il semblerait qu’en plus, les vaccins pour lutter contre seraient moins efficaces pour les personnes en surpoids ou obèses.

Alors que l’épidémie de grippe saisonnière n’a pas encore débuté pour cette année 2019, il n’est jamais trop tard pour se faire vacciner contre la maladie. Mais des scientifiques ont remarqué un phénomène surprenant, rapporté par la National Public Radio (NPR) : les injections antigrippales seraient moins efficaces sur les personnes en surpoids ou obèses. Des conclusions qui ne sont pas anodines, sachant que la surcharge pondérale touche près d’un tiers des adultes américains – et un adulte sur deux en France.



Des concentrations plus élevées

Ce problème aurait déjà été mis en lumière lors de la pandémie de 2009. Les autorités sanitaires avaient alors constaté que la grippe affectait particulièrement les personnes présentant un excès de poids important. Et quand cela ne les rendait pas davantage malades, ils étaient plus susceptibles de propager l’épidémie. « Nous n’avions jamais vu cela auparavant, le virus est capable de croître à des concentrations plus élevées et de se propager plus profondément dans vos poumons. » explique Stacey Schultz-Cherry, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital St. Jude (Memphis, États-Unis).



La faute aux lymphocytes T

Melinda Beck, professeure de nutrition à l’Université de Caroline du Nord (États-Unis) également interrogée par la NPR, étudie la capacité des personnes souffrant d’obésité à combattre les infections. Pour le cas de la grippe, elle a examiné leur système immunitaire en particulier les anticorps – ces protéines qui neutralisent les virus – et les autres cellules qui entrent en jeu dans le combat contre une pathologie. Elle a finalement réussi à identifier la pièce défaillante : les lymphocytes T, considérés comme les “soldats de l’organisme”. « Lorsque qu’on est atteint d’obésité c’est souvent en lien avec un métabolisme défaillant », commente-t-elle. Cela a pour impact d’affecter de nombreuses cellules, parmi lesquelles les cellules immunitaires. Les personnes âgées seraient confrontées au même problème. « Parfois, elles peuvent produire des anticorps, mais ce sont leurs lymphocytes T qui ne fonctionnent pas. Elles peuvent donc toujours être infectées par la grippe, même si elles ont été vaccinées, précise la professeure de nutrition. Or, une personne obèse de 30 ans possède des cellules immunitaires qui ressemblent beaucoup à celles qu’on pourrait observer chez une personne âgée de 80 ans ».

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