L’indice de masse corporelle ne semble pas suffisant pour déceler d’éventuels problèmes de santé liés à une obésité. Une nouvelle étude conseille de prendre également le tour de taille en considération.

L’indice de masse corporelle ne semble pas suffisant pour déceler d’éventuels problèmes de santé liés à une obésité. Une nouvelle étude conseille de prendre également le tour de taille en considération.

Avoir un indice de masse corporelle (IMC) « normal », compris entre 18,5 et 25 kg/m2, ne fait pas tout ! Publiée dans le JAMA Network Open (revue médicale américaine), une nouvelle étude scientifique rappelle que le tour de taille a aussi son importance, notamment pour évaluer l’obésité. Les personnes ayant un poids « normal » au regard de l’IMC pourraient en effet, sans le savoir, courir un risque élevé de problèmes de santé liés à leur surcharge pondérale.
L’étude a utilisé les données de la Women’s Health Initiative, cohorte qui a suivi la santé de plus de 156 000 femmes âgées de 50 à 79 ans de 1993 à 2017. L’équipe a ensuite relié les taux de mortalité des personnes suivies à leur IMC ainsi qu’à leur « obésité centrale », plus simplement appelée surcharge abdominale. Résultats : les femmes considérées comme ayant un poids normal au vu de l’IMC mais présentant un tour de taille élevé, avaient 31% de risque en plus de mourir au cours de la période d’observation de vingt ans, par rapport aux femmes sans surcharge abdominale. L’étude a révélé que les maladies cardiovasculaires et les cancers étaient les deux principales causes de décès chez les personnes dont l’IMC était normal mais le tour de taille élevé.
Depuis quelques années, des voix s’élèvent pour montrer les limites de l’IMC (1) pour mesurer l’obésité, notamment parce que cet indice ne donne aucune information sur le pourcentage de masse graisseuse. Des sportifs de haut niveau peuvent ainsi être classés comme « obèses » au vu de leur IMC alors qu’ils n’ont aucune once de graisse, mais que leur masse musculaire est très importante. A l’inverse, il est possible d’avoir un IMC considéré comme normal mais d’avoir une forte masse graisseuse et une faible masse musculaire.
Selon Wei Bao, professeur d’épidémiologie et coauteur de cette étude, cette focalisation sur l’IMC est dommageable car elle laisse de nombreuses personnes dans l’ignorance du risque pour la santé d’avoir une surcharge graisseuse abdominale. « Ces résultats suggèrent que nous devrions encourager les médecins à tenir compte non seulement du poids, mais également de la forme du corps lors de l’évaluation des risques pour la santé d’un patient », a-t-il expliqué.

(1) Lire l’article de notre newsletter d’avril 2019

Source : MedicalXpress