Une équipe américaine de l'Université Vanderbilt a identifié un marqueur moléculaire dans la salive tout particulièrement associé à l'émergence de l'obésité infantile chez les enfants d'âge préscolaire. Cette découverte pourrait permettre de lutter contre le surpoids et l'obésité chez les enfants avant même que l'indice de masse corporelle (IMC) ne soit trop élevé.

Une équipe américaine de l’Université Vanderbilt a identifié un marqueur moléculaire dans la salive tout particulièrement associé à l’émergence de l’obésité infantile chez les enfants d’âge préscolaire. Cette découverte pourrait permettre de lutter contre le surpoids et l’obésité chez les enfants avant même que l’indice de masse corporelle (IMC) ne soit trop élevé.

Déjà en 2014, une étude franco-britannique avait trouvé, dans la salive, un lien direct entre un gène important et le risque de surpoids. Le gène en question, AMY1, contrôle la production d’amylase, une enzyme qui permet la digestion de l’amidon dans la salive.
Six ans plus tard, la salive refait parler d’elle. Des chercheurs de l’Université Vanderbilt au Tennessee (Etats-Unis) viennent d’identifier un marqueur moléculaire dans la salive associé à l’émergence de l’obésité infantile. Ils ont analysé des échantillons de salive d’enfants participant à l’essai Growing Right Onto Wellness (GROW). Au total, 610 paires parents-enfants d’âge préscolaire, dont 90% étaient hispaniques, ont bénéficié d’une intervention comportementale sur la période d’étude de trois ans.
Au moment du démarrage de l’étude publiée dans la revue BMC Medical Genetics, les enfants étaient considérés à risque d’obésité, mais pas encore obèses. L’intervention scientifique portait sur l’alimentation, la pratique régulière de l’activité physique et sur le sommeil. En dépit de ce programme, 30% des enfants ont développé une obésité.



L’interaction entre comportement et génétique

Pour les chercheurs américains, ce premier résultat apporte un nouvel éclairage sur l’interaction du comportement et de la génétique. L’analyse de la salive révèle, chez les enfants atteints d’obésité, une méthylation (ou signature épigénétique) au niveau de 17 sites d’ADN. Les niveaux de ces méthylations dans la salive de l’enfant sont également associés à l’IMC et au tour de taille de la mère, ce qui confirme que le risque d’obésité peut être transmis de la mère à l’enfant.
Enfin, pour ces scientifiques, il existe une association entre la méthylation salivaire de base et les changements objectifs de l’IMC de l’enfant à 3 ans.
« Au départ, ces enfants n’étaient pas obèses, cependant leur ADN « s’est » méthylé différemment sur 17 sites », explique le chercheur. C’est ainsi que l’équipe démontre qu’il est possible de prédire une évolution vers un surpoids ou une obésité, chez l’enfant, à partir d’un simple test salivaire.



Une signature épigénétique prédictive

Les chercheurs montrent, en particulier, que la méthylation d’un gène appelé NRF1, qui joue un rôle dans l’inflammation du tissu adipeux, est fortement associée à l’obésité infantile. Un enfant avec cette méthylation NRF1 à l’inclusion, présente ainsi un risque multiplié par 3 de développer une obésité dans les trois années à venir. « Si nous pouvons définir une signature épigénétique prédictive, nous pourrons intervenir plus tôt pour réduire les disparités de santé dans les conditions fréquentes, comme l’obésité ».

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