Elle parle cash Mme Al Samman, chirurgien viscéral et désormais nouvelle présidente régionale Rhône-Alpes de la LCO.

Elle lance un message à la population médicale :
« N’attendez pas ! Envoyez les gens qui souffrent d’obésité vers des spécialistes »

Elle parle cash Mme Al Samman, chirurgien viscéral et désormais nouvelle présidente régionale Rhône-Alpes de la LCO. Cette praticienne, titulaire d’un diplôme inter universitaire (DIU) de chirurgie de l’obésité et d’un DIU européen de nutrition clinique, possède une patientèle obèse essentiellement féminine. Elle opère également des femmes obèses avec des gynécologues. « J’ai toujours su que que je voulais prendre en charge le surpoids , explique Sophie Al Samman. Quand j’ai passé l’internat, j’ai longtemps hésité à choisir ma spécialité médicale endocrinologie et nutrition, mais je voulais aussi faire de la chirurgie ». Une fois son diplôme en poche, elle s’installe en libéral à Lyon.
« Lorsque j’ai démarré en 2015, la chirurgie bariatrique n’était pas très organisée, très filiarisée. Aujourd’hui, la prise en charge de l’obésité est mieux structurée ». Outre son implication auprès des patients, cette médecin, qui connaît la Ligue contre l’obésité pour s’être déjà déplacée au colloque des Idées fortes à La Grande-Motte, souhaite faire passer un message à la population médicale. « Les professionnels de santé doivent arrêter de dire que c’est la faute des malades s’ils sont obèses. Ils doivent les traiter comme s’ils étaient diabétiques et nous les envoyer. Je suis effarée de voir des femmes de 40 ans qui disent que cela fait cinq ans qu’elles demandent à leur généraliste une lettre pour venir me voir. Il faut que les obèses soient envoyés dans les réseaux de soins. C’est la même chose avec la médecine du travail. Statistiquement, il y a un tiers d’obèses dans les gens qu’elle rencontre, mais jamais on ne les incite à venir nous voir. En revanche, si le médecin du travail détecte un souffle au coeur, c’est direct chez le cardiologue… », s’insurge la nouvelle présidente.
Dans son cabinet, le docteur Al Samman voit sa clientèle évoluer. « Il y a de plus en plus de super gros. Avant, les rendez-vous avec les patients de 150 kg, ce n’était pas fréquent. Maintenant, c’est plusieurs fois par semaine. Et la population est devenue très jeune. À l’inverse, on voit un grand nombre de personnes de plus de 60 ans qui galèrent avec l’obésité depuis quarante ans. Ces gens-là n’ont jamais été pris en charge par des spécialistes du poids. Ce n’est pas normal… ».
Et le docteur lyonnais de caresser un rêve professionnel : « Ce que j’espère, c’est que dans dix ans, on puisse écrire sur nos cartes de visite qu’on n’est ni des nutritionnistes, ni des chirurgiens bariatriques, mais qu’on est des médecins de l’obésité ». À la Ligue, on souscrit pleinement : l’obésitologue, voilà l’expert de demain.