Durant deux mois, une journaliste du groupe Ebra - qui rassemble neuf journaux quotidiens de l’Est de la France - s’est glissée dans la peau d’une cliente pour suivre le programme « Comme J’aime ». Patiemment, Charlotte Overney a exploré ce concept largement soutenu par la publicité et basé sur la livraison de menus à domicile. Un travail d’investigation remarquable qui plonge les lecteurs au cœur d’un processus alimentaire contraignant, coûteux, et dont les résultats laissent très sceptiques. À lire absolument.

Durant deux mois, une journaliste du groupe Ebra – qui rassemble neuf journaux quotidiens de l’Est de la France – s’est glissée dans la peau d’une cliente pour suivre le programme « Comme J’aime ». Patiemment, Charlotte Overney a exploré ce concept largement soutenu par la publicité et basé sur la livraison de menus à domicile. Un travail d’investigation remarquable qui plonge les lecteurs au cœur d’un processus alimentaire contraignant, coûteux, et dont les résultats laissent très sceptiques. À lire absolument.

Charlotte Overney est journaliste pour le groupe Ebra (1). Face au matraquage publicitaire du soi-disant régime miracle « Comme J’aime », elle a décidé d’enquêter. De comprendre ce qui se cachait vraiment derrière cette proposition minceur, parfois vantée par des people comme l’ex-miss France Sophie Thalmann, l’animatrice Sophie Davant et plus récemment le présentateur Benjamin Castaldi. « Le sujet de l’amaigrissement est très concernant et personne ne peut échapper à la publicité de ce programme. Je me suis mise dans la peau d’une cliente. J’ai voulu tester les points positifs et les points négatifs de la formule. J’ai souhaité aller au fond des choses et j’ai tenu un carnet de bord », explique-t-elle à la rédaction de la Ligue contre l’obésité.
Mieux : pour renforcer son travail d’investigation, la journaliste s’est entourée des compétences d’une diététicienne-nutritionniste à Paris, ainsi que d’un médecin nutritionniste et psychothérapeute, président d’honneur du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids.
Pendant deux mois, elle a suivi avec application les préconisations de « Comme J’aime » et suivi les conseils téléphoniques du coach. Dans ce dossier journalistique sans concession, tous les paramètres du régime sont passés au scanner : la commande, le coût, le contenu des plats, leur composition, les additifs, la résiliation du contrat, la prétendue phase de stabilisation, etc.



IMC, bilans sanguins, tests comparatifs, impact environnemental

Et ce n’est pas tout : suivie au plan médical, la reporter du groupe Ebra a calculé son IMC, évalué son taux de muscle, de graisse et d’eau. Elle a mesuré son tour de taille, de hanches, de cuisses… Elle a réalisé des bilans sanguins, comparé le contenu des barquettes du régime avec celles vendues en grandes surfaces, jaugé l’impact environnemental via la promesse du recyclage des barquettes en plastique, etc.
Au cours de son enquête, la journaliste a recueilli plusieurs témoignages et donné la parole à toutes les parties. Y compris à Mathilde Canetti, directrice générale de « Comme J’aime » qui, dans l’interview reconnaît que « nous ne sommes pas une méthode miracle. Si vous reprenez vos mauvaises habitudes, il peut y avoir un risque de reprise de poids. » Ce qui fait écrire à Charlotte Overney, non sans une pointe d’ironie, qu’après l’expérience « Comme J’aime », elle est restée sur sa faim…
Cette enquête grand format est découvrir sur les sites des titres du groupe Ebra.



La « semaine gratuite » condamnée

Sur un autre registre, à la suite d’une plainte déposée en mai 2019 par l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV), l’entreprise « Comme J’aime » a été condamnée en octobre 2019 par le tribunal de grande instance de Paris à supprimer « dans l’ensemble de ses supports publicitaires (presse, télévision, Internet), y compris les témoignages, la mention d’une semaine gratuite ». L’ordonnance de référé rendue l’automne dernier accordait un mois à « Comme J’aime » pour se conformer à la décision judiciaire.
Par ailleurs, la société de Bernard Canetti a été condamné à verser 10 000 € au titre de « l’atteinte portée à l’intérêt collectif des consommateurs » et s’exposait à « une astreinte provisoire de 500 € par infraction constatée. »
Dans les colonnes du Parisien, Bernard Canetti, le fondateur de « Comme J’aime », s’était, de son côté, réjoui de la tournure qu’avaient pris les événements, car hormis la mention « semaine gratuite », CLCV reprochait « une dizaine de choses assez graves comme de faux témoins » à l’entreprise, ce pour quoi l’association a finalement été déboutée.
D’après Le Parisien, la CLCV ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle souhaite porter l’affaire sur le fond. La procédure pourrait cette fois-ci durer jusqu’à deux ans. A suivre.

(1) Ebra est un groupe de presse composé de neuf quotidiens (L’Alsace, Le Bien Public, Le Dauphiné Libéré, les Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est Républicain, le Journal de Saône-et-Loire, le Progrès, le Républicain lorrain et Vosges Matin) et de plusieurs autres publications dont trois hebdomadaires.

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