Selon une étude américaine, les enfants nés de mères séropositives courent un risque important d’obésité à l’adolescence. Les chercheurs recommandent un suivi de santé très rigoureux.

Selon une étude américaine, les enfants nés de mères séropositives courent un risque important d’obésité à l’adolescence. Les chercheurs recommandent un suivi de santé très rigoureux.

Chaque année, dans le monde, plus d’un million de bébés naissent de mères séropositives. Cette situation, révélée par les chercheurs du Massachusetts General Hospital (MGH) aux Etats-Unis, a des implications importantes en terme de santé publique. Selon les scientifiques, les adolescents et les jeunes adultes nés de mères séropositives au VIH encourent un risque multiplié par 4 d’obésité et de symptômes d’asthme, même s’ils sont séronégatifs.
Cette étude, publiée dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndrome (JAIDS), illustre l’impact épigénétique chez l’enfant, des infections et/ou inflammation chez la mère pendant la grossesse. Cette constatation engage les enfants de mères séropositives à un suivi de santé très rigoureux, tout au long de la vie.
L’auteur principal, le Dr Lindsay Fourman, du Département de médecine métabolique du MGH en tire les conséquences cliniques : « Ces résultats soulignent la nécessité de surveiller tout au long de leur vie, tous les enfants de mères vivant avec le VIH – et même ceux qui sont séronégatifs. Trop souvent, l’histoire d’exposition au VIH disparaît du dossier médical dès que le diagnostic de séronégativité est posé ».
Dans le cadre de leur recherche, les auteurs de l’étude ont examiné le niveau de cellules immunitaires T CD4 de la mère, au cours du dernier trimestre de la grossesse.
L’étude a été menée sur une cohorte de 50 adolescents et jeunes adultes (âgés de 13 à 28 ans) préalablement exposés in utero au VIH, mais non infectés, ainsi qu’auprès de 141 témoins appariés pour l’âge et n’ayant jamais été exposés au virus.
L’analyse constate que 42% des adolescents et des jeunes adultes exposés au VIH in utero sont atteints d’obésité contre 22% de leurs homologues non exposés. Par ailleurs, 40% des adolescents et des jeunes adultes exposés au VIH in utero souffrent de symptômes d’asthme contre 23% de leurs homologues non exposés.
Enfin, l’étude démontre que la diminution du nombre de lymphocytes T CD4 chez la mère – associée à une infection à VIH plus sévère – pendant la grossesse est étroitement liée à l’augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC), une mesure de la masse adipeuse basée sur la taille et le poids, chez leurs enfants séronégatis à l’adolescence.

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