Le fameux IMC, longtemps référence incontournable pour mesurer l'obésité, a du plomb dans l'aile..

L’Indice de Masse Corporelle est-il un indicateur désormais dépassé ?
Une nouvelle étude réalisée par une équipe de recherche canadienne tend à démontrer que ce marqueur ne suffit pas pour évaluer l’obésité d’un enfant.

Le fameux IMC, longtemps référence incontournable pour mesurer l’obésité, a du plomb dans l’aile. Selon le département de pédiatrie de l’université de McMaster au Canada, l’utilisation d’un système de stades cliniques de l’obésité infantile serait plus utile que la simple mesure de l’IMC pour mieux comprendre et prendre en charge les problèmes de santé des enfants. « Si vous utilisez uniquement l’IMC pour identifier les jeunes qui ont le plus besoins de soins, vous présumez que les enfants dont l’IMC est plus faible seraient les moins susceptibles d’avoir des problèmes psychologiques ou des problèmes métaboliques, mais nos résultats suggèrent que cela n’est pas vrai », commente Katerine Morrisson, auteur principale de l’étude.
Selon l’enquête canadienne, d’autres problème de santé comme l’hypertension, le prédiabète ou la maladie NASH sont plus fréquents chez les enfants présentant une obésité sévère que chez ceux présentant une obésité moins importante.
Pourtant, les deux tiers des enfants canadiens inscrits à des programmes de gestion du poids sont diagnostiqués comme atteints d’obésité sévère uniquement sur la base de leur IMC.



Un indice grossier qui simplifie trop les choses

Ce n’est pas la première fois que l’imperfection de l’IMC pour diagnostiquer l’obésité est pointée du doigt. Déjà en 2016, une étude américaine avait dénoncé le fait que l’IMC n’est plus un bon indicateur. Sur 47 % des personnes diagnostiquées malades avec ce mode de calcul, 4 % seulement se sont révélées effectivement en mauvaise santé. « L’IMC est un indice de référence, mais c’est un mauvais critère, car il ne tient pas compte de la répartition des compartiments du corps comme la graisse, l’eau, les os et de leurs variations génétiques », expliquait le docteur Jean-Michel Cohen, médecin nutritionniste dans un interview accordée au site Atlantico.
Estimant que l’IMC est « un indice grossier qui permet de simplifier les choses », le docteur Cohen dit préférer « peser la personne et réaliser une impédancemétrie qui permet de regarder les différentes répartitions de masse et je leur mesure leur tour de taille ».
D’autres experts abondent dans le même sens. En écartant les notions d’âge, de sexe, de pourcentage de masse grasse et de masse musculaire, l’IMC perd en fiabilité. Autre aspect : ce calcul ne prend pas en compte la répartition de la masse grasse sur le corps, or selon sa localisation sur certaines parties du corps la graisse peut être bonne ou mauvaise pour la santé.