Les études : Le danger de la grossophobie infantile; Des revenus amputés de 20 %; Suralimentation : le corps s'adapte.

Le danger de la grossophobie infantile


Les enfants et les adolescents qui sont ridiculisés au sujet de leur poids finissent par gagner plus de poids à long terme que les jeunes qui ne sont pas taquinés. Selon une nouvelle étude réalisée par des instituts nationaux de santé américains, les taquineries basées sur le poids est l’une des raisons les plus courantes de l’intimidation citée parmi les jeunes aux Etats-Unis.
Les enseignants, les entraîneurs des clubs sportifs et les prestataires de soins de santé ont également pointés du doigt pour se livrer à la honte des graisses. Menée sur 110 jeunes (55 % de filles) d’environ 12 ans, tous en surpoids ou considérés comme sujet à risque en raison de l’obésité de leurs parents, l’enquête a démontré que le niveau élevé des taquineries basées sur le poids a provoqué une augmentation de 33 % de leur IMC (Indice de masse corporelle). Les taquineries basées sur le poids semblent aggraver le risque d’excès de poids au lieu de motiver un jeune à tenter de contrôler son poids.




Des revenus amputés de 20 %


Selon une étude suédoise, les adolescents obèses pourraient percevoir un salaire de 18 % moins élevé lorsqu’ils entreront sur le marché de l’emploi, en comparaison des ados de poids normal. Ce phénomène discriminatoire observé en Europe, mais aussi aux Etats-Unis.
Les auteurs de l’étude ont analysé les données anthropomètriques, cognitives et non cognitives (estime de soi, motivation, sociabilité) d’un échantillon de 145 000 jeunes suédois réquisitionnés pour leur service militaire entre 1984 et 1997. Les données de l’administration fiscale ont été ensuite évaluées en 2003 pour l’ensemble des individus, âgés alors de 28 à 39 ans. Le verdict est sans appel : les jeunes déjà obèses ou en surpoids à l’adolescence gagnent en moyenne près de 20 % que leurs homologues de poids normal.
Afin de mettre cette différence en perspective, les auteurs de l’étude ont calculé qu’en Suède, en moyenne, chaque année de scolarisation supplémentaire s’accompagne d’une augmentation de revenu d’environ 6 %. Pour les jeunes obèses, la pénalité serait donc équivalente à trois années de scolarisation, soit un baccalauréat.




Suralimentation : le corps s’adapte


Les grands repas de famille ou entre amis doivent-ils être bannis ? Une étude australienne publiée début avril dans la revue American Journal of Physiology Endocrinologie and Metabolism affirme que trop manger occasionnellement n’est pas un problème. Le corps humain s’adapterait à cette suralimentation occasionnelle. Pour en arriver à cette affirmation, les chercheurs de l’Université Deakin (Australie) ont étudié un petit groupe de 8 hommes en bonne santé et plutôt minces. Les volontaires ont subi deux tests. Le premier sur cinq jours de suralimentation, le second sur une suralimentation chronique de 28 jours.
Résultat : si le premier test n’a entraîné aucune augmentation importante du taux de gras ou de poids des participants, le second test a démontré une augmentation du taux de gras et des niveaux de glycémie et d’insuline. « La suralimentation à court terme, c’est-à-dire sur une période d’environ cinq jours, montre que le corps s’adapte, conclu un des chercheurs de l’étude. L’important est d’avoir de saines habitudes au quotidien, et si on mange un peu plus à l’occasion, ce n’est pas grave. Si on a envie de quelque chose, c’est mieux d’en profiter que de se priver et d’être frustré. » L’important est de ne pas transformer cette suralimentation occasionnelle en habitude quotidienne.