Selon des recherches récentes menées en Pourtugal, les parents peuvent parfois souffrir d’une sorte de déni concernant le poids de leurs enfants. Une dénégation qui peut constituer un obstacle à la correction de l’obésité infantile. Ou quand le regard ne vaut pas la balance.

Selon des recherches récentes menées en Portugal, les parents peuvent parfois souffrir d’une sorte de déni concernant le poids de leurs enfants. Une dénégation qui peut constituer un obstacle à la correction de l’obésité infantile. Ou quand le regard ne vaut pas la balance.

Et si nous faisions un déni avec nos enfants ? Et si, parce que nous les trouvons « trop beaux, trop mignons » (en même temps ce sont les nôtres !), nos enfants pesaient plus lourds que nous le supposions ? Daniela Rodrigues et ses collaborateurs, Aristides Machado-Rodrigues et Cristina Padez, chercheurs à l’Université de Coimbra au Portugal, ont mené l’enquête. Les étonnants résultats de cette étude viennent d’être publiés le mois dernier dans l’American Journal of Human Biology.
Pour réaliser leur étude, les scientifiques portugais ont recruté des centaines de parents et d’enfants. Tous les enfants participants avaient entre 6 et 10 ans et fréquentaient l’école primaire au Portugal.



93% des parents ont sous-estimé le poids de leur enfant

Au total, 834 parents ont rempli des questionnaires qui comprenaient une variété de questions. Par exemple : pensez-vous que le poids de votre enfant est un peu, un peu trop, beaucoup trop élevé ou tout simplement bien.
À son tour, l’équipe a collecté les poids et tailles des 793 enfants participants, dans leurs écoles respectives.
Les résultats sont conformes aux prévisions des chercheurs, mais néanmoins remarquables. Sur les 33% de parents qui ont mal perçu le poids de leurs enfants, 93% l’ont sous-estimé. De plus, les parents qui ont sous-estimé le poids de leurs enfants étaient 10 à 20 fois plus susceptibles d’avoir un enfant obèse.



Le risque d’augmenter involontairement leur obésité

Plusieurs facteurs étaient associés à la sous-estimation du poids des parents, notamment un IMC (indice de masse corporelle) plus élevé pour les mères, un âge plus jeune pour les enfants, un revenu du ménage plus faible (pour les filles) et une vie urbaine (pour les garçons). Cependant, ces associations n’expliquent pas pourquoi les parents ont d’abord sous-estimé le poids de leurs enfants.
Les chercheurs ont émis l’hypothèse que les parents pourraient « se sentir gênés de discuter du fait que leur enfant est en surpoids / obèse », ce qui à son tour pourrait les rendre moins susceptibles de faire des efforts et prendre des initiatives, comme par exemple demander l’avis d’un professionnel de la santé.
Selon l’enquête, les parents ont sous-estimé le poids des enfants plus jeunes que celui des enfants plus âgés. Le danger, c’est que les parents qui perçoivent à tort leurs enfants (en particulier les plus jeunes) comme plus minces, pourraient les conduire à plus les nourrir et, ainsi, augmenter involontairement leur risque d’obésité. D’où la conclusion en forme de clin d’œil : faite plutôt confiance à la balance qu’à vos yeux et vos sentiments.

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