Joël Demolin atteint d'« obésité morbide sévère » souhaite avoir recours à la bariatrie mais doit d’abord se faire enlever un œdème. La sécurité sociale refuse de rembourser cette première intervention qui ouvrira la voie à l’opération de chirurgie bariatrique.

Joël Demolin, vit à Longueval-Barbonval, dans la Marne. Il pèse plus de 200 kilos. Il est dans la catégorie «obésité morbide sévère ». Pour améliorer son quotidien, il souhaite avoir recours à la bariatrie, mais doit d’abord se faire enlever un œdème. Problème : la sécurité sociale refuse de rembourser cette première intervention qui ouvrira la voie à l’opération de chirurgie bariatrique. Une cagnotte de solidarité a été lancée.

« Je ne veux pas ressembler à Ken ». Dans l’Aisne, un homme de 58 ans souffrant d’obésité morbide souhaite se faire opérer pour améliorer son état de santé. Mais la CPAM refuse de prendre en charge le coût de cette opération, selon France 3 qui a révélé l’information. « Pour le moment tout a été refusé parce qu’ils estiment que c’est de la chirurgie esthétique. C’est incompréhensible », regrette Joël Demolin, alors qu’un chirurgien de Lille a pourtant accepté d’opérer.



« Pour me laver, je passe le relais aux infirmières »

L’homme explique vivre quasiment cloitré chez lui. « Je ne peux pas vivre normalement, tout est compliqué », explique le quinquagénaire. Il doit faire le ménage dans un fauteuil à roulettes et éprouve de grandes difficultés à conduire, à cause d’un d’un œdème, une énorme poche de liquide qui le gène dans ses déplacements, explique le journal La Voix du Nord. « Pour me laver je passe le relais aux infirmières » explique-t-il « C’est laborieux, je peux plus rien faire de moi-même. Même le ménage, c’est très compliqué. Je ne peux pas conduire non plus. J’ai beaucoup de mal à passer entre le volant et le siège. Je ne fais que de tous petits trajets, 10 km maxi. Rester assis sur une chaise c’est compliqué, dormir dans mon lit c’est compliqué. Je ne dors pas longtemps, deux heures, et après je dors assis sur mon canapé », a précisé Joël Demolin à France Info.



Une opération de 10 000 € pour enlever l’oedème

Joël n’a pas choisi son corps et dit avoir toujours été gros. Puis les années passant, les épreuves de la vie, notamment une rupture difficile, se sont accumulées. Avec les excès, le corps de Joël a comme disparu, englouti par le gras et par cet œdème de 30 kilos sur son ventre. « Vous allez voir comment je suis musclé ! », dit-il pour tourner en ridicule ce corps qui lui pourrit la vie chaque jour.
Il y a quatre ans, après une embolie pulmonaire, Joël a décidé d’affronter le problème et d’avoir recours à la chirurgie bariatrique pour perdre du poids. Mais selon les médecins, impossible d’opérer sans s’occuper d’abord de l’énorme œdème sur son ventre. Sans ça, trop compliqué, pas assez de visibilité pour opérer, et donc trop dangereux.
Pour retirer cet œdème, Joël a rencontré un médecin plasticien, un psychologue, un anesthésiste, il a fait des examens sanguins… Tout semblait bien parti et il ne manquait plus qu’une chose : l’autorisation de la sécurité sociale pour rembourser une opération coûtant au minimum 10 000 €. Et là, surprise : un refus catégorique.



« Le patient ne présente pas tous les critères… »

Dans le courrier adressé à Joël, daté du 28 août 2017 et dont France Info a eu connaissance, la sécurité sociale s’expliquait ainsi : « Malheureusement, cet acte ne peut pas être pris en charge par l’assurance maladie, car le patient ne présente pas tous les critères nécessaires et indispensables à la prise en charge de cet acte. En particulier, il n’y a ni notion d’amaigrissement, ni notion de chirurgie bariatrique, puisque celle-ci est simplement prévue en théorie après la dermolipectomie (Ndlr : opération pour retirer l’excédent de peau et de tissu cellulo-graisseux du bas de l’abdomen). »
Il comprend d’autant moins le refus de la CPAM de l’Aisne que les soins qu’il reçoit quotidiennement coûtent une fortune : « Quand on me dit qu’il y a un trou à la Sécurité Sociale, j’ai l’impression que c’est eux qui le creusent », lance-t-il. La CPAM n’a pas souhaité s’expliquer, mais « le dossier ne serait pas figé » indique France 3.
Depuis la publication de divers articles dans la presse locale et nationale, une cagnotte a été lancée pour aider Joël à financer son opération.

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