Dans un récent communiqué, la Société française de nutrition appelle à arrêter de "taper sur le gras". Selon elle, les données biochimiques et physiologiques, tout comme les données épidémiologiques démontrent que les lipides ne doivent plus être diabolisés.

Dans un récent communiqué, la Société française de nutrition appelle à arrêter de «taper sur le gras». Selon elle, les données biochimiques et physiologiques, tout comme les données épidémiologiques démontrent que les lipides ne doivent plus être diabolisés.

La Société française de nutrition (SFN) met les pieds dans le plat. Elle considère que le « curseur entre la part des lipides et des glucides ne doit pas être dogmatique car l’intervalle possible pour les lipides et celui pour les glucides laisse une zone assez large de recouvrement » et qu’ « il convient avant tout de respecter l’équilibre global entre la quantité d’énergie consommée et les dépenses énergétiques ».
Estimant qu’il faut arrêter de « taper sur le gras » , la SFN rappelle que « très récemment les repères nutritionnels proposés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pourraient facilement se résumer à l’alimentation méditerranéenne », commente la société. Cette alimentation fait la part belle aux acides gras mono-insaturés (présents dans l’huile d’olive), et aux acides gras oméga 3, et ses bénéfices sont soutenus par « plus de 5 000 publications ».



La part des glucides dans l’apport énergétique s’est accrue significativement

La société savante rappelle qu’« aux Etats-Unis, lorsque la proportion de lipides est passée de 42% de l’apport énergétique dans les années 1970 à 34% en 2000, la part des glucides dans l’apport énergétique s’est accrue significativement et l’obésité a énormément augmenté. » Mais elle prévient tout de même : « Il ne faudrait pas remplacer la diabolisation des lipides par celle des glucides ».
Le « gras » a longtemps été accusé d’être responsable de l’épidémie d’obésité et des maladies athérosclérotiques. L’influence du lobby du sucre dans le passé, pour imputer la responsabilité de ces maladies aux graisses plutôt qu’au sucre, a été montrée depuis par des enquêtes.
Interrogée par APMnews (site d’information du groupe APM International dont fait partie TecHopital), Béatrice Morio, présidente de la SFN, précise que cette société savante « ne subit aucune pression de la part des lobbys. Nous sommes bien conscients depuis le début des années 2000 que le sucre pose problème. Mais il ne sert à rien de diaboliser complètement un macronutriment » .

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