Une étude inédite réalisée en France montre que les opérations de l’estomac font largement baisser le taux de mortalité des patients : - 36% ! Mais les complications sont multiples et les patients doivent restés très surveillés durant toute leur existence.

Une étude inédite réalisée en France montre que les opérations chirurgicales de l’estomac font largement baisser le taux de mortalité des patients : – 36% ! Mais les complications sont multiples et les patients doivent rester très surveillés durant toute leur existence.

Chaque année en France, plus de 55 000 interventions de chirurgie bariatrique sont réalisées. Techniques de la Sleeve ou du by-pass, elles consistent à réduire le volume de l’estomac ou à modifier le circuit alimentaire sur des patients qui souffrent de graves problèmes d’obésité.
Jusqu’ici, aucune étude française n’avait mesuré les impacts, bénéfices ou complications, d’une telle opération. Les équipes de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris ont travaillé le sujet et viennent de publier une étude dans la revue Lancet Diabetes et Endocrinology. Les travaux, basés sur les données de l’Assurance maladie, concluent qu’il y a un réel bénéfice sur le long terme à être opéré, en termes de mortalité. Cependant, l’opération est loin d’être anodine.



La mortalité des patients baisse s’ils ont été opérés

Selon l’étude, 18 000 patientsont été suivis pendant sept ans. Deux groupes homogènes (même répartitions hommes-femmes, patients comparables en terme de poids) ont été étudiés : le premier groupe a été opéré, le second n’a pas subi de chirurgie.
Au bout de sept ans, l’étude démontre que les patients du groupe des opérés voient leur mortalité réduite de 36 %. « Ce grand bénéfice n’avait encore jamais été prouvé en France. C’est une baisse significative dans cette population de patients dont on sait que l’espérance de vie est diminuée par rapport à des personnes qui font un poids standard. La mortalité est d’ordinaire plus forte chez les personnes obèses sévères, car elles accumulent toute une série de complications comme le diabète, l’apnée du sommeil ou des pathologies cardio-vasculaires », détaille le professeur Sébastien Czernikow, co-auteur de l’étude et chef du service de nutrition à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris.



Un suivi à vie

En revanche, les membres du groupe des opérés ont deux à trois fois plus de risques d’être hospitalisés pour cause de complications post-opératoires, occlusions, ulcères, mais aussi et surtout des complications nutritionnelles (malnutrition, anémie).
Et le professeur Czernikow de rappeler que pour éviter les complications, les patients doivent observer une vraie discipline qui passe par un suivi médical rigoureux et une hygiène comportementale absolue. « C’est pour cette raison que l’on parle de la nécessité d’un suivi à vie », insiste Jérémlie Thereaux, chirurgien au CHU de Brest, coauteur de l’étude.

Pour en savoir plus :
l’article de France Inter
l’article du Parisien