Une étude publiée dans « Nature Communications » met en évidence le lien entre l’exposition prénatale à certains parabènes et le surpoids des enfants. Ces travaux, menés par un centre de recherche environnementale de Leipzig, montrent que l’utilisation de ces substances par les mères tend à augmenter le poids de leurs filles pendant les premières années de vie, via une perturbation du circuit cérébral de régulation de l’appétit.

Une étude publiée dans « Nature Communications » met en évidence le lien entre l’exposition prénatale à certains parabènes et le surpoids des enfants. Ces travaux, menés par un centre de recherche environnementale de Leipzig, montrent que l’utilisation de ces substances par les mères tend à augmenter le poids de leurs filles pendant les premières années de vie, via une perturbation du circuit cérébral de régulation de l’appétit.

L’obésité infantile a atteint une dimension épidémique dans la plupart des pays développés. Et continue d’augmenter à l’échelle mondiale. Selon plusieurs rapports récents, le surpoids et l’obésité touchent jusqu’à un tiers des enfants en Europe et en Amérique du Nord. Les facteurs de style de vie, tel qu’un apport alimentaire calorique élevé et un comportement principalement sédentaire, ainsi que la prédisposition génétique contribuent au risque de surpoids et d’obésité. Cependant, ces deux causes ne peuvent, à elles seules, expliquer l’augmentation rapide des taux d’obésité dans le monde entier. L’amorçage supplémentaire pour le développement de l’embonpoint par des facteurs environnementaux a gagné l’attention croissante dans la communauté scientifiques.



Une étude allemande menée sur 622 mères

Grâce à leurs propriétés antibactérienne et antifongique, les parabènes sont des substances largement utilisées comme conservateurs dans les cosmétiques, les aliments et les médicaments. Certains parabènes soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens ont été interdits, tandis que d’autres ont été réglementés, dont le butylparabène incriminé ici.
Depuis plusieurs années, la question de la nocivité d’une exposition à faibles doses fait l’objet de controverses. Les travaux, menés par Tobias Polte et son équipe du Centre Helmholtz de recherche environnementale de Leipzig, sont les premiers à permettre d’évaluer l’exposition maternelle aux parabènes pendant la grossesse comme facteur obésogène chez l’enfant.
L’étude, qui a été menée sur une cohorte de naissance prospective allemande LINA (Lifestyle and environmental factors and their Influence on Newborns Allergy risk), a recruté 622 mères (629 enfants) à 34 semaines de grossesse entre mai 2006 et décembre 2008.
Durant cette période, les futures mamans ont renseigné leur utilisation de cosmétiques contenant des parabènes et collecté leur urine afin de mesurer la concentration de ces conservateurs.
Résultats : les femmes enceintes qui utilisaient des soins sans rinçage (maquillage, lotions, hydratants) contenant des parabènes étaient aussi celles pour qui les concentrations urinaires étaient les plus élevées. Même si les chercheurs rappellent qu’il existe d’autres sources de contamination aux parabènes, notamment l’alimentation ou certains produits pharmaceutiques, plus le taux de parabènes dans les urines est élevé, plus le risque est grand que l’enfant à naître présente un surpoids ou une obésité à l’âge de 8 ans. « Une constatation qui serait d’autant plus vérifiable pour le cas du butylparaben », précisent les chercheurs.



Des perturbateurs endocriniens capables de franchir la barrière du placenta sanguin

Selon ces chercheurs, dans les périodes critiques, les fenêtres telles que les perturbations du développement fœtal, associées à la signalisation physiologique endocrinienne et métabolique, peuvent avoir des effets durables sur la santé. Les produits chimiques synthétiques interférant avec le système endocrinien (Endocrine Disrupting Chemicals, EDCs) représentent un exemple classique pour les facteurs environnementaux contribuant à la programmation vers le surpoids et l’obésité, en particulier pendant la période périnatale.
Les EDCs sont ajoutés aux produits comme agents de conservation ou plastifiants, pour la fonction antimicrobienne et antifongique ou encore comme retardateurs de flamme. Ainsi, l’exposition aux EDCs est omniprésente.
Ces produits chimiques peuvent pénétrer dans l’organisme par l’intermédiaire de la consommation de nourriture et d’eau, de l’absorption de la peau et de l’inhalation. Beaucoup d’entre eux sont capables de franchir la barrière du placenta sanguin avec le risque d’exercer leurs propriétés nocives dés le développement prénatal.

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