Des chercheurs chinois estiment que le fait de prendre beaucoup de poids à l'âge adulte pouvait augmenter le risque de mort prématurée.

Des chercheurs chinois estiment que le fait de prendre beaucoup de poids à l’âge adulte pouvait augmenter le risque de mort prématurée. L’OCDE annonce 92 millions de décès prématurés d’ici 2050.


Prendre du poids à l’âge adulte peut avoir de dramatiques conséquences. C’est la conclusion d’une équipe de chercheurs chinois de la Huazhong University of Science and Technology de Wuhan. Pour arriver à ce constant, les scientifiques ont pris en compte des données concernant 36 051 personnes âgées de 40 ans et plus dans le cadre du National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) américain, représentatif de la population américaine.
En début d’étude, les participants ont tous été soumis au calcul de leur indice de masse corporelle (IMC). A 25 ans, puis à 47 ans, ils ont indiqué leur poids aux chercheurs. Parallèlement, les décès toutes causes confondues, et plus particulièrement ceux découlant de maladies cardiaques, ont été enregistrés pendant une douzaine d’années.



Une augmentation de risque de décès de 22%

Les résultats, parus dans The BMJ, montrent qu’après avoir pris en compte des facteurs ayant pu influencer les données, les participants qui prenaient du poids entre 25 et 45 ans, et qui voyaient leur IMC passer de la catégorie non obèse à celle d’obèse augmentaient leur risque de décès de 22%. En revanche, perdre du poids au cours de cette même période, et passer d’une catégorie obèse à non-obèse n’était pas associé de manière significative à un risque de mort.
Lorsqu’ils se sont arrêtés sur les changements de poids entre 45 ans et plus, les scientifiques ont trouvé que lorsque les participants vieillissaient, l’association entre prise de poids et mortalité s’affaiblissait.
Comme ces résultats découlent d’un vaste échantillon représentatif de la population américaine sur une longue période de temps, l’équipe scientifique en a conclu qu’ « une obésité stable à l’âge adulte, la prise de poids entre 25 et 45 ans et la perte de poids entre 45 et 60 ans étaient associées à un risque accru de mortalité. Les résultats soulignent l’importance de maintenir un poids normal tout au long de l’âge adulte, et surtout d’éviter la prise de poids au cours de la vingtaine, afin de se prémunir de décès précoces plus tard dans la vie », estiment les chercheurs.



L’obésité coûte cher, la prévenir est rentable

Cette étude s’inscrit dans le droit fil du récent rapport sur l’obésité rendu public début octobre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Elle souligne, par exemple, que d’ici 2050, 92 millions de décès prématurés dus à des maladies liées à l’obésité devraient survenir dans les pays de l’OCDE, du G20 et de l’Union européenne des 28. La réduction de l’espérance de vie liée au surpoids dans les trois décennies à venir (2020-2050) aura le plus d’impact (4,2 années perdues) au Mexique, talonné par la Russie et la Pologne (3,9 années) suivis des Etats-Unis (3,7). La France (2,3 années de perdues) se situant au-dessous de la moyenne de près de trois ans projetée pour l’Union européenne (2,9) et l’OCDE (2,7).
Plus de la moitié de la population de 34 pays parmi les 36 membres de l’OCDE est en surpoids et pratiquement une personne sur quatre est obèse.
Raison pour laquelle, l’OCDE presse les gouvernements d’adopter de meilleures stratégies de prévention et n’hésite à dire que si l’obésité coûte cher, la prévenir reste rentable.

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