Alors que le coronavirus se propage partout sur la planète, mais que la maladie est généralement sans danger dans 80% des cas, le corps médical appelle à la vigilance en cas d’obésité sévère. Y compris chez les jeunes générations.

Alors que le coronavirus se propage partout sur la planète, mais que la maladie est généralement sans danger dans 80% des cas, le corps médical appelle à la vigilance en cas d’obésité sévère. Y compris chez les jeunes générations.

Le monde entier s’inquiète. La pandémie de coronavirus s’accélère. Le gouvernement français et le monde médical répètent à longueur de journée les indispensables recommandations d’hygiène et les nécessaires conseils de prudence pour tenter de faire barrière à la maladie. De son côté, le président Macron, lors de son intervention du jeudi 12 mars, a rappelé que les personnes souffrant d’obésité étaient considérées comme particulièrement fragiles (lire notre article du 13 mars ICI)

Avant de se prononcer et d’annoncer la fermeture de tous les établissements scolaires et universitaires, le chef de l’Etat a consulté les autorités sanitaires. Parmi ces experts, le professeur Pierre-Louis Druais, membre du comité scientifique mis en place par la présidence de la République . « On considérait que le pays était endormi face à ce coronavirus, a expliqué le professeur Druais, vendredi 13 mars sur France Info, pour justifier ces mesures. Il faut que la population se réveille (…) et soit consciente que chacun va être un acteur de cette guerre contre le coronavirus ».



« Des facteurs péjoratifs »

Pour ce scientifique, l’objectif des mesures annoncées par le président Macron vise à « réduire la puissance et le pic de l’épidémie dans le temps ». Le praticien rappelle par ailleurs que « toutes les classes d’âge de la population » peuvent être touchées par le coronavirus, y compris les jeunes pour lesquels il y a « des facteurs péjoratifs » comme « l’obésité ».
Et le professeur Druais de préciser : « Le virus affecte majoritairement les personnes qui sont fragiles, qui ont des comorbidités. C’est-à-dire des gens qui ont des maladies associées : par exemple, être diabétiques, avoir une insuffisance cardiaque, avec des antécédents de pathologie pulmonaires. Et parmi les jeunes, on a noté qu’il y avait des facteurs qui étaient péjoratifs sur les sujets qui ont, par exemple, à gérer une obésité. »
Une situation confirmée sur le site du ministère de la Santé qui indique clairement à la dernière ligne du chapitre « Coronavirus : qui sont les personnes fragiles ? » : les personnes présentant une obésité morbide – (indice de masse corporelle > 40kg/m² : par analogie avec la grippe A(H1N1) – constituent des sujets à risque.



Un critère qui peut modifier le pronostic

Au CHU de Bordeaux, le docteur Arnaud Desclaux, infectiologue au sein de l’unité du professeur Denis Malvy ne dit pas autre chose. «Comme on le voit au cours de la grippe saisonnière, un petit nombre de patients jeunes et sans maladies chroniques associées peuvent présenter de manière « inattendue » des pneumonies nécessitant une oxygénothérapie ou de la ventilation mécanique. L’obésité pourrait être un critère de fragilité modifiant le pronostic des sujets jeunes », explique-t-il dans les colonnes du journal Sud Ouest.



Obésité et infections respiratoires

Une situation qui, au plan international, a la même résonance. Au Mexique, par exemple, Gerardo López Pérez, spécialiste en infectiologie pédiatrique rappelle que « 30% des enfants ont des problèmes d’obésité, ce qui les rend plus susceptibles de développer des infections respiratoires ». Et le médecin sud-américain de préciser : « Les personnes obèses ou allergiques seront la population la plus touchée par la propagation du coronavirus COVID-19. » Il a également souligné que pour éviter que le virus ne soit moins agressif, il est nécessaire de surveiller la population à risque et de commencer à mettre en œuvre des mesures préventives dès le début de l’épidémie. De cette façon, le système immunitaire de ces personnes sera mieux préparé pour éviter la contagion.

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