La chirurgie de l’obésité a explosé en France. En vingt ans, le nombre d’opérations a été multiplié par 20. Cet engouement ne doit pas faire oublier que cette chirurgie est risquée, surtout quand elle n’est pas pratiquée selon les règles des autorités sanitaires. La cellule d’investigation de Radio France a enquêté. Extraits.

La chirurgie de l’obésité a explosé en France. En vingt ans, le nombre d’opérations a été multiplié par 20. Cet engouement ne doit pas faire oublier que cette chirurgie est risquée, surtout quand elle n’est pas pratiquée selon les règles des autorités sanitaires. La cellule d’investigation de Radio France a enquêté. Extraits.

Vingt fois plus qu’ en l’an 2000. L’augmentation des interventions chirurgicales visant à traiter l’obésité a explosé en France depuis ces vingt dernières années. Anneau gastrique, sleeve, pontage sur l’intestin… Toutes ces opérations garantissent une perte rapide de poids et permettent de diminuer les décès liés à l’obésité. On le sait aussi : la chirurgie bariatrique produit également un effet non négligeable sur le bien-être psychologique des patients.
Reste que ce type d’intervention s’avère lourde et nécessite de suivre des recommandations strictes. La Haute Autorité de Santé (HAS) préconise par exemple de prescrire la chirurgie bariatrique aux patients qui présentent un risque de comorbidité susceptible d’être améliorée après la chirurgie et la recommande en deuxième intention « après échec d’un traitement médical, nutritionnel, diététique et psychothérapeutique bien conduit pendant six à douze mois ».
Mais déjà en 2018, un rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sanitaires) pointait clairement le non-respect de ces préconisations : « En 2016, l’assurance maladie a refusé la prise en charge de 29 % de ces opérations dans une trentaine d’établissements qui les pratiquaient à grande échelle, parce qu’elles n’étaient pas conformes aux recommandations de la Haute autorité de santé.»



250 établissements sur 500 pourraient perdre leur autorisation d’opérer

De son côté, le gouvernement a décidé, pour mieux encadrer la chirurgie de l’obésité, de soumettre à autorisation les établissements qui la pratiquent. « Un seuil d’activité sera déterminé », précise Sylvie Escalon, directrice adjointe à la direction générale des offres de soins (DGOS) au ministère de la Santé.
Selon le professeur Simon Msika, président de la SOFFCOMM, « la mortalité dans les centres qui font moins de 50 opérations par an est nettement supérieure – trois fois plus – que dans les centres qui en font plus de cinquante. » Si le seuil de 50 interventions était retenu, 250 établissements, sur les 500 qui pratiquent cette chirurgie, n’auraient plus l’autorisation de le faire. Une remise en cause qui s’inscrit dans le droit fil de la pensée d’Agnès Buzyn.
Le 8 octobre 2019, la ministre de la Santé dévoilait sa feuille de route 2019-2022 de prise en charge de l’obésité. Elle affirmait que « la chirurgie de l’obésité doit être régulée, mieux encadrée et sécurisée. C’est un enjeu de santé publique et de sécurité sanitaire ».

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