La pollution, facteur d'obésité

L'exposition à la pollution atmosphérique, en particulier à l'école, pourrait être associée à un risque plus élevé de surpoids et d'obésité pendant l'enfance.

Respirer un air pollué dès leur plus jeune âge ferait prendre davantage de poids aux enfants.
Deux études espagnole et américaine l’attestent.

L’exposition à la pollution atmosphérique, en particulier à l’école, pourrait être associée à un risque plus élevé de surpoids et d’obésité pendant l’enfance. Telle est la conclusion de l’étude de l’Institut de Barcelone pour la santé mondiale réalisée avec 2 600 enfants âgés, de 7 à 10 ans, issus de 39 écoles à Barcelone.
Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont d’abord recueilli des données sur le poids et la taille des enfants. Ils ont calculé l’IMC, évalué les états de surpoids et d’obésité. Simultanément, ils ont utilisé des capteurs dans les cours d’école pour mesurer les niveaux de pollution extérieure pendant une semaine en été et une semaine en hiver.Ils ont également mesuré les niveaux d’exposition au domicile des élèves.
« Nous avons observé que les enfants exposés à des niveaux moyens ou élevés de pollution atmosphérique à l’école avaient un risque plus élevé d’obésité et de surpoids par rapport à ceux exposés à des niveaux inférieurs », estime Jeroen de Bont, chercheur chez ISGlobal. L’exposition à des concentrations élevées de particules fines à la maison a également été associée à un risque accru d’obésité et de surpoids pendant l’enfance. MartineVrijheid, chercheur et coordinatrice de l’étude d’ISGlobal reconnaît que « l’étude a cependant quelques limitations et que les résultats doivent être interprétés avec prudence ».


Une enquête américaine en 2018

Déjà en 2018, une étude menée par l’Université de Californie du Sud (Etats- Unis) révélait cette menace. Selon les chercheurs américains, le dioxyde de carbone aurait un rôle dans l’épidémie mondiale d’obésité infantile. Au total, 2 318 enfants avaient participé à cette enquête. Les résultats ont démontré qu’à l’âge de 10 ans, les enfants fortement exposés au dioxyde d’azote – principalement émis par les moteurs diesel – au début de leur vie pesaient un kilo de plus que ceux exposés à de faibles niveaux.
Pour être encore plus précis, les chercheurs ont pris en compte d’autres facteurs, comme le sexe, l’éducation parentale, l’origine ethnique ou le régime alimentaire. Ils en ont finalement conclu qu’aucune de ces variantes ne pouvaient expliquer le lien entre obésité et pollution de l’air.
Ces recherches confirment des travaux antérieurs qui avaient désigné cette pollution atmosphérique comme un facteur majeur de risque du développement du surpoids chez les plus jeunes.
« Nous invitons les parents à savoir où leurs jeunes enfants passent leur temps, en particulier si ces zones sont situées à proximité de routes principales, avait déclaré à l’époque la directrice de l’étude Jeniffer Kim. La première année de la vie est une période de développement rapide de divers systèmes dans le corps et la pollution peut avoir des répercussions sur le développement futur du corps. »